28.10.2011
Tribune : « 17 octobre 1961, ni vengeance, ni repentance, mais justice, vérité et réconciliation des peuples »

Le 17 octobre 1961, la République a été salie par un crime d’Etat. Ce jour là,un massacre organisé en pleine rue de la capitale a été perpétré, piloté par le Ministre de l’Intérieur Roger Frey, le Préfet de Police Maurice Papon et couvert par Michel Debré Premier Ministre et le Président de la république Charles de Gaulle.
Les faits sont connus : Le couvre feu imposé en France exclusivement aux Français Musulmans a été décrété le 5 octobre. Il l’a été au moment même où les négociations entre la France et le GPRA, le gouvernement provisoire algérien reprenaient après avoir été interrompu suite à la demande de la France , refusée par le FLN, d’amputer l’Algérie indépendante du Sahara et de ses richesse pétrolières.
Pour avoir manifesté pacifiquement à Paris contre le couvre feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, Préfet de police de Paris, des centaines d’Algériens perdirent la vie, tirés à vue, noyés , victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police. Dans les jours qui suivirent, des milliers de manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie.
50 ans après on ne connaît pas le nombre exact des victimes.
50 ans après, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans ce crime d’Etat.
50 ans après si Maurice Papon a été jugé et condamné pour avoir organisé la déportation d’enfants juifs durant la seconde Guerre Mondiale, aucun membre de l’administration n’a été poursuivi pour ce crime qui a tué en une nuit plus d’êtres humains que la tuerie de la Place Tien AN Men en 1989.
Le sang répandu dans la Seine fait honte à la France.
On ne construit pas la République sur des mensonges, des falsifications et des occultations. Le 17 octobre 1961 fait partie à jamais de notre mémoire collective. Les peuples algérien et français ont besoin de la connaître la vérité . La génération des anciens appelés de la guerre d’Algérie, les enfants des pieds noirs et des harkis ont besoins de la connaître La jeunesse des quartiers populaires a besoin de connaître ce qu’ont subi leurs grands parents pour mieux comprendre le poids des séquelles de l’histoire. Les victimes oubliées du 17 octobre 1961 travaillaient, habitaient et vivaient en France. Ils ont été tués en France par des policiers français. Reconnaître les crimes du 17 octobre 1961, c’est aussi contribuer à l’apaisement des plaies ouvertes par l’accumulation des discriminations, des contrôles d’identité transformés en chasse aux facies Si nous ne faisons pas toute la lumière sur les guerres coloniales et leur héritage nous ajouterons aux injustices sociales le poids des discriminations mémorielles.
Aujourd’hui plus de 60 villes ont des monuments, des stèles, des plaques de rue à la gloire des anciens de l’OAS. La mémoire de la guerre d’Algérie devient un enjeu politique. Les nostalgiques de l’Algérie Française et de l’OAS. célèbrent les « bienfaits de la colonisation », commémorent le putsch des généraux à Alger contre la République , organisent une Fondation pour la mémoire de la Guerre d’Algérie.
Je refuse pour ma part que nous soyons entrainés dans une guerre des mémoires qui encourage le racisme dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyens ou de ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières En 2012, l’Algérie fêtera cinquante ans d’une indépendance. Nous devons construire de nouveaux rapports entre la France et l’Algérie , entre le Maghreb et l’Europe. Pour cela commençons par reconnaître officiellement les massacres commis par la Police Parisienne le 17 octobre 1961 et les jours suivants, comme un crime d’Etat. Organisons la liberté d’accès aux archives effective pour tous, historiens et citoyens, afin que les historiens des deux rives de la Méditerranée coopèrent à la construction d’une mémoire apaisée.
La République a reconnu sa responsabilité dans la chasse aux juifs sous Vichy ; Elle l’a reconnue dans l’esclavage. Elle doit reconnaître aux victimes du 17 octobre et à leurs enfants et petits enfants, qu’elle a failli. Elle en ressortira grandie.
Eva Joly
17:10 Publié dans Actualité, Citoyenneté | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tribune, eva joly
Eva Joly joue la campagne décontractée
Voilà près de deux mois que les conseillers d'Eva Joly planchent sur le sujet : comment faire comprendre aux électeurs qu'"Eva" est "sympa" ? Réponse des mêmes : la candidate est bonne vivante, sportive, naturelle comme peut l'être une femme du Nord, et en empathie avec "les gens". Il faut donc que ça se voit.
Les futurs déplacements de la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à la présidentielle auront certes pour objectif de développer les thèmes choisis pour la campagne – défense de l'environnement, défense d'une République salie par la corruption et les affaires – mais aussi de mettre la candidate en scène dans des atmosphères "décontractées", selon l'expression d'un de ses conseillers.
Montrer qu'Eva Joly n'est pas seulement la femme qui débarquait chez les puissants à l'aube pour perquisitionner et les faire sortir de leur domicile pourrépondre à ses questions, mine déconfite et visage blafard, devient pour EELV une préoccupation politique. La rigueur morale de la candidate d'EELV étant considérée comme un acquis pour la campagne, il importe désormais de décorseter le personnage, trop souvent perçu comme une maîtresse d'école sévère, au sens de l'humour assez modéré.
KAYAK DANS LES CALANQUES
Le déplacement d'Eva Joly, début septembre à Marseille, répondait à cet objectif. Une "séance kayak" prévue dans les calanques devait démontrer la spontanéité d'une femme prompte à faire corps avec la nature et à plonger... devant les caméras.
Un entretien croisé avec la chanteuse islandaise Björk, publié dans le magazineElle du 16 septembre, permettait de montrer la candidate dans une situation très "cosy" : tête renversée en arrière, lovée sur un canapé, parlant de la nature, de l'art du tricot, du temps qui passe, ou du sexisme de la société. La candidate en a profité pour détailler ses rapports avec ses petits-enfants, les dépeignant assez drôlement : "Ils m'aident à rester absolument normale. Ils me disent des choses comme "cette robe est vraiment horrible", ils sont totalement honnêtes et sympas avec moi."
Dans Gala, la semaine dernière, on a pu la voir à 20 ans, belle plante souriante, élue deuxième dauphine de Miss Norvège, puis admirative, regardant son futur mari. Il y eut donc une jeune fille sentimentale et un rien midinette, avant la juge qui fit trembler le CAC 40, faut-il comprendre.
UN PETIT VERRE, "ÇA FAIT DU BIEN"

Mercredi 26 octobre, en déplacement dans le village de Balbronn, en Alsace, la candidate a continué dans cette veine. Elle a certes écouté des viticulteurs passés au bio, discuté avec un agriculteur ayant précocément développé une maladie de Parkinson attribuée à l'usage de pesticides.
Elle a répondu aux interrogations lancinantes sur les mauvais sondages : "Je n'y pense pas, car je suis porteuse d'un projet pour nos enfants et nos petits-enfants."Elle en a surtout profité pour proclamer sa proximité avec ceux qu'elle croise, façon pour elle de démentir les allégations de froideur à son encontre. "Ce qui me plait, c'est de rencontrer les gens", a-t-elle affirmé à deux reprises.
Le déplacement en Alsace était également conçu pour mettre en scène une Eva Joly gaie et bonne vivante, filmée dans les vignes rieuse et totalement décontractée. Eva Joly a bu du riesling avec un enthousiasme non feint, puis a cueilli des grappes de raisin avec un plaisir évident, avant d'en distribuer autour d'elle.
Puis elle a confié aux journalistes ses petites recettes pour garder la santé. "En buvant du vin, on ne tombe pas malade." Interrogée sur sa consommation, elle a estimé qu'un petit verre le soir, "ça fait du bien". Assez "décorsetée", finalement.
16:59 Publié dans Actualité, ecologie, Elections présidentielles, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eva joly, campagne
2012: Eva Joly défend son territoire
La primaire socialiste terminée, Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts) affûte ses armes anti-nucléaires face à François Hollande en cette pré-campagne présidentielle, en espérant se relancer malgré des sondages moroses.

En voyage au Japon, elle l'a martelé : "pas de ministre" écolo au gouvernement si la gauche l'emporte sans calendrier de sortie du nucléaire.
"Vous trouvez raisonnable que le spécialiste de la Corrèze décide de notre avenir énergétique?", "Fukushima est un voyage obligatoire pour quiconque souhaite diriger la France", a lancé à son retour l'eurodéputée, invitant M.
Hollande à aller "voir les paysages si splendides" de cette région dévastée.
La semaine précédente, l'ancienne juge, attaquant aussi le candidat PS à la présidentielle sur le cumul des mandats, avait commencé à détailler sa "République exemplaire" pour 2012, mêlant thèmes écolos, éthique et justice sociale.
Son espace politique? Un tryptique qui "la distingue très nettement à gauche: sortie du nucléaire, République exemplaire et refus de l'austérité", explique Sergio Coronado. Entre François Hollande et Jean-Luc Mélenchon, "le paysage est intéressant pour nous", pense son codirecteur de campagne.
Pour accompagner sa stratégie, Mme Joly, à l'image austère malgré ses petites lunettes rouges, s'échine à révéler son côté "sympa" : entretien avec la star islandaise Björk dans Elle, photos d'ex-dauphine de Miss Norvège dans Gala, ou échos sur son goût du bon vin.
Mais la prochaine séquence ne sera pas forcément facile. Eva Joly, "ce n'est pas la préocupation du moment", glisse un dirigeant d'EELV.
L'appareil du parti est en effet actuellement mobilisé sur les négociations avec le PS même s'il promet de s'activer derrière sa candidate dès janvier. "Soutenir Eva" tout en signant un accord avec le PS est "une ligne complexe" qui "peut être vue comme un message contradictoire", avoue-t-on.
Un responsable socialiste assure d'ailleurs n'être "pas sûr" qu'Eva Joly et Cécile Duflot "aient le même objectif" : la candidate "fait sa campagne de premier tour et a besoin de se différencier par rapport au PS, là où (la patronne d'EELV) a besoin de se différencier mais de garder le contact".
A EELV, les entourages des deux dames l'assurent : beau fixe dans les relations. Un climat pas toujours évident dont témoigne le documentaire "Elysée 2012" de Serge Moati sur France3 début octobre.
On y voyait l'ex-magistrate juste après sa victoire à la primaire face à Nicolas Hulot raconter son entrevue "assez froide" avec "Cécile" qui penchait pour l'ex-animateur. "Nous sommes convenues de travailler ensemble, elle m'a assuré qu'elle fera le maximum", déclarait alors une Eva Joly au bord des larmes.
Aujourd'hui, certains écologistes ne voient pas d'un bon oeil ses charges anti-Hollande au moment de négocier les sièges de députés. Car avec des sondages en berne (3 à 5%), "on est moins en position de force que si on était à 8 ou 10", fait valoir un élu.
Il n'empêche, à EELV on se montre confiant. Jean-Vincent Placé prédit ainsi un score entre 5 et 7%, voire à "deux chiffres" en cas de forte dynamique finale.
"Je ne patine pas, je suis une skieuse de fond", souligne d'ailleurs la franco-norvégienne qui sur le nucléaire, se voit "portée par l'Histoire", se disant même "irrésistible" puisqu'elle a "raison".
A son agenda : un déplacement en marge du G20 de Cannes début novembre avant le congrès du Parti vert européen à Paris (11-13 novembre) où viendra Daniel Cohn-Bendit. Un partisan d'Eva Joly craint que "Dany" refasse alors une sortie sur l'inutilité d'une candidature écolo à la présidentielle...
16:58 Publié dans Actualité, ecologie, Elections présidentielles, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eva joly, campagne